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Photo d'Adrien Cardot, expert Shopify
Par Adrien Cardot, expert Shopify & e-commerce
(refontes, migrations de thème et développement Liquid)

Thèmes Horizon Shopify : faut-il migrer sa boutique en 2026 ?

Mon avis de freelance après plusieurs passages sur Horizon : ce que les blocs imbriqués changent vraiment, dans quels cas je conseille la migration, et comment la faire sans casser le référencement.

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Horizon, c'est quoi au juste

Horizon est la nouvelle génération de thèmes gratuits de Shopify, sortie à l'été 2025 avec la Summer '25 Edition. Depuis, une dizaine de variantes gratuites sont disponibles, et l'été 2026 a encore ajouté des déclinaisons et des améliorations de l'éditeur.

La grosse différence avec Dawn se situe dans l'architecture, pas dans le design. Horizon est construit sur les blocs de thème imbriqués (les « theme blocks »). Concrètement, une section n'est plus une boîte figée avec trois réglages. C'est un conteneur dans lequel on empile des blocs, qui peuvent eux-mêmes contenir d'autres blocs. Un groupe, dans lequel on met une image, un texte, un bouton, puis un autre groupe à côté.

Deuxième nouveauté : l'éditeur propose une aide à la création par IA. On décrit un bloc en langage naturel et Shopify Magic génère une première version que l'on ajuste ensuite. Je m'en sers rarement pour du définitif, mais pour dégrossir une mise en page en réunion avec un client, ça fait gagner du temps.

Dawn existe toujours. Il est maintenu, on peut le télécharger, et des milliers de boutiques tournent dessus. Mais Shopify ne le présente plus comme la référence. Quand on ouvre la boutique de thèmes aujourd'hui, ce sont les thèmes Horizon qui sont mis en avant, et c'est sur eux que les nouvelles fonctions de l'éditeur arrivent en premier.


Ce que les blocs imbriqués changent pour un marchand

Je vais prendre un exemple que je vois souvent. Une marque de décoration veut, sur sa page d'accueil, une rangée avec trois cartes : une photo, un petit titre, deux lignes de texte et un bouton. Sur Dawn, il faut trouver la section qui ressemble le plus à ça (« multicolonnes », en général), accepter ses limites, et si l'on veut un bouton différent par carte ou une photo qui déborde, on passe par du code ou par une app de page builder.

Sur Horizon, on crée une section, on ajoute un groupe, on met dedans les blocs que l'on veut, dans l'ordre que l'on veut. On peut dupliquer le groupe, changer l'alignement d'un seul bloc, régler les espacements. Pas de code, pas d'app supplémentaire.

  • Moins de sections figées : une section « générique » bien réglée remplace cinq sections spécialisées.
  • Moins d'apps de mise en page : beaucoup de boutiques que je reprends paient encore 20 à 30 euros par mois pour un page builder qui ne sert qu'à faire des colonnes.
  • Plus d'autonomie pour l'équipe : une personne marketing peut monter une page de collection saisonnière seule, sans m'appeler.
Le revers de la liberté : quand tout est possible, les mises en page bancales le deviennent aussi. Sur Dawn, la structure canalisait les gens. Sur Horizon, il faut poser un cadre : quelques sections modèles, des réglages de couleur et de typographie verrouillés, et une consigne claire sur ce que l'équipe a le droit de toucher.

Ce que ça change pour un développeur

De mon côté, le passage à Horizon a modifié ma façon de travailler sur trois points.

La structure des fichiers

Les blocs vivent dans un dossier blocks/, à côté des sections/ et des snippets/. Un bloc a son propre fichier Liquid et son propre schéma, et il peut déclarer qu'il accepte d'autres blocs à l'intérieur. La logique de présentation est donc découpée plus finement, et un bloc écrit une fois est disponible dans toutes les sections qui l'acceptent.

Moins de code sur mesure pour les besoins courants

Avant, je codais régulièrement une section spécifique pour un besoin de mise en page. Aujourd'hui, une bonne partie de ces demandes se règle dans l'éditeur. Le code sur mesure reste utile pour ce qui touche à la logique : configurateurs, packs conditionnels, filtres de collection avancés, affichages liés aux metafields. Ce sont d'ailleurs les sujets sur lesquels je passe le plus de temps en développement sur mesure.

Une migration de l'existant plus lourde

C'est le point que les articles enthousiastes oublient. On ne « met pas à jour » un thème vers Horizon. On reconstruit. Les sections custom d'un thème Dawn ne se copient pas telles quelles, les réglages ne se transfèrent pas, et les apps qui injectaient du code dans le thème doivent être réinstallées proprement. Sur une boutique avec dix sections maison et quinze metafields affichés un peu partout, comptez plusieurs jours de reconstruction, plus la recette.

Ce que je réutilise d'un projet Horizon à l'autre
  • Un bloc « carte » (image, titre, texte, bouton) avec ses variantes d'alignement
  • Un bloc « chiffres clés » branché sur des metafields
  • Un bloc FAQ avec les données structurées déjà en place
  • Un bloc « bandeau de réassurance » réglable par page

Les cas où je conseille de migrer

Je ne recommande pas Horizon par principe. Je le recommande dans des situations précises, que je retrouve souvent en rendez-vous.

  • Votre boutique tourne sur Dawn ou sur un vieux thème payant, avec un page builder par-dessus. Vous payez une app pour compenser les limites du thème. Horizon supprime ce besoin dans la plupart des cas, et vous récupérez au passage une vitesse de chargement correcte, parce que les apps de mise en page sont rarement légères.
  • Une refonte est prévue de toute façon. Si vous allez changer le design, autant repartir sur la base qui recevra les nouveautés de l'éditeur dans les années qui viennent. Refaire un design sur Dawn en 2026, c'est se préparer une deuxième refonte.
  • Votre équipe a besoin d'autonomie. Une marque de compléments alimentaires que j'ai accompagnée lance une page par nouveau produit, avec un argumentaire, des visuels et une FAQ. Sur Horizon, l'équipe marketing les monte seule à partir d'un gabarit que j'ai préparé. Avant, chaque page passait par moi.
  • Vous héritez d'un thème que personne ne comprend. Trois prestataires successifs, du code partout, personne n'ose toucher à la page d'accueil. Reconstruire proprement coûte souvent moins cher que de continuer à réparer.
Cas concret : une boutique de prêt-à-porter sur un thème payant de 2021, avec un page builder à 29 euros par mois et trois apps de sections supplémentaires. Après la reconstruction sur Horizon, deux apps désinstallées, page d'accueil plus légère, et une gérante qui modifie ses bandeaux promo elle-même. Le coût de la migration a été amorti en moins d'un an rien qu'avec les abonnements supprimés, sans compter le temps gagné.

Les cas où je déconseille

Il m'arrive régulièrement de dire à un client de ne pas migrer, et de garder le budget pour autre chose.

  • Vous avez un thème premium récent, bien installé. Un bon thème payant de 2024 ou 2025, correctement configuré, fait le travail. Ses développeurs le mettent à jour. Changer pour Horizon ne vous apportera pas de chiffre d'affaires supplémentaire, juste une facture.
  • Vous avez beaucoup de développements sur mesure. Configurateur de produit, tunnel spécifique, affichages B2B avec tarifs par client, intégrations avec un ERP. Tout cela devra être reporté et retesté. Si ça marche aujourd'hui, la migration est un risque avant d'être un gain.
  • Vous n'avez pas de budget de recette. Une migration de thème sans phase de test sérieuse, c'est le meilleur moyen de découvrir en pleine période de ventes qu'un bouton d'ajout au panier ne répond plus sur iPhone. Si le budget ne couvre que la reconstruction, attendez.
  • Vous êtes à deux mois du Black Friday. Je ne lance jamais une migration de thème à l'approche d'un pic de ventes. On prépare en janvier, on migre au printemps, on a l'été pour corriger.

Dans ces situations, je préfère proposer une optimisation du thème existant : nettoyage des apps, réglages de vitesse, corrections d'ergonomie. C'est moins spectaculaire, et souvent plus rentable.


Ma méthode de migration

Voici comment je procède, à chaque fois, dans le même ordre. Le but est simple : que le jour du basculement, personne ne remarque rien, à part un site plus agréable.

1. Dupliquer et inventorier

Je duplique le thème actuel, jamais de travail sur le thème publié. Puis je fais l'inventaire complet : chaque section utilisée, sur quelle page, avec quels réglages. Chaque metafield affiché, et où. Chaque app qui injecte du code. Ce document est ma feuille de route, et c'est lui qui évite les oublis.

2. Reconstruire sur un brouillon

J'installe le thème Horizon choisi en brouillon, je pose les réglages globaux (couleurs, typographies, espacements), puis je reconstruis page par page, en commençant par les gabarits : produit, collection, article, page. La page d'accueil vient en dernier, une fois que les blocs réutilisables sont en place. Quand il y a une maquette, je m'y tiens au pixel, c'est le principe de mon offre d'implémentation Figma.

3. Reporter le code sur mesure

Les sections maison sont réécrites sous forme de blocs quand c'est possible, ou reportées telles quelles quand c'est de la logique pure. C'est le moment de nettoyer : un tiers du code custom que je retrouve dans les vieux thèmes ne sert plus à rien.

4. Recette SEO

C'est l'étape que je ne délègue jamais. Un changement de thème ne touche pas aux URLs de produits ou de collections, mais il touche à tout le reste.

  • URLs inchangées : vérification des handles de pages et des menus, aucune URL ne doit changer. Si une page est supprimée, redirection 301 en place avant la publication.
  • Title et meta description : comparaison page par page entre l'ancien et le nouveau thème, car certains thèmes surchargent ces balises.
  • Données structurées : test des fiches produit, du fil d'Ariane et des articles. Un thème neuf n'a pas forcément les mêmes balisages que l'ancien, surtout si une app SEO les gérait.
  • Balises Hn : un seul H1 par page, une hiérarchie propre. Les blocs imbriqués rendent facile de se retrouver avec quatre H2 dans une section.
  • Vitesse comparée : je mesure les mêmes pages avant et après, sur mobile, avec le même outil. Si le nouveau thème est plus lent, on ne publie pas.

5. Recette fonctionnelle et publication

Test des parcours d'achat sur mobile et ordinateur, des variantes, des codes promo, des formulaires. Puis publication à une heure creuse, avec l'ancien thème conservé pour pouvoir revenir en arrière en deux clics.


Les pièges que j'ai rencontrés en mission

Quelques erreurs que j'ai vues, ou faites, et que j'évite désormais.

  • La section supprimée qui casse un gabarit. Un fichier de gabarit qui référence un type de section absent du thème, et toute la page renvoie une erreur. Ça arrive quand on nettoie trop vite. Je vérifie toujours les gabarits JSON après chaque suppression.
  • Les apps qui injectent du code. Avis clients, pop-ups, programmes de fidélité : beaucoup s'accrochent au thème via des app embeds ou des snippets. Sur le nouveau thème, il faut les réactiver une par une, et vérifier qu'elles ne s'affichent pas en double.
  • Les polices et couleurs à re-paramétrer. Les réglages ne se transfèrent pas. Une police achetée doit être re-téléversée, les couleurs de schéma re-saisies. J'exporte les valeurs de l'ancien thème dans un tableau avant de commencer.
  • Le contenu caché dans les réglages de sections. Des textes, des liens, des images vivent dans les réglages de sections, pas dans les pages. Si on ne les a pas inventoriés, ils disparaissent avec l'ancien thème. C'est le point 1 de ma méthode, et ce n'est pas pour rien.
  • Les blocs trop libres. Une équipe qui découvre la liberté des blocs imbriqués peut produire une page d'accueil avec six typographies différentes en un après-midi. Je livre toujours avec des sections modèles et une courte formation.

Mon avis, sans détour

Horizon est la meilleure base gratuite que Shopify ait proposée. Les blocs imbriqués règlent un vrai problème, celui des boutiques qui empilent des apps pour faire de la mise en page. Et pour une nouvelle boutique, je ne vois plus de raison de partir sur autre chose.

Pour une boutique existante, la réponse dépend de ce que vous avez déjà. Un thème récent qui fonctionne, avec du code sur mesure dessus, ne gagne rien à bouger cette année. Une boutique sur Dawn avec un page builder et des frustrations quotidiennes a tout à y gagner, à condition de traiter la migration comme un vrai projet, avec un inventaire, une reconstruction propre et une recette SEO sérieuse.

Un dernier point : l'aide par IA de l'éditeur est pratique, mais elle ne remplace pas une réflexion sur ce que la page doit vendre. Un bloc généré en dix secondes se règle comme un autre, et il faut toujours quelqu'un pour décider ce qu'on y met.

Vous hésitez à passer sur Horizon ?

Envoyez-moi l'adresse de votre boutique. Je regarde votre thème actuel, vos apps et vos développements, et je vous dis franchement si la migration vaut le coup, et ce qu'elle coûterait.

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Article rédigé par Adrien Cardot, expert Shopify freelance.

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